Le voyant vert ne répond pas à la question du dirigeant

Votre prestataire annonce que les sauvegardes se terminent correctement. C’est une information utile, mais la question métier est plus précise : demain matin, après une panne, pourrez-vous préparer les commandes, retrouver les dossiers et facturer ? Un fichier présent sur un support ne prouve ni qu’il s’ouvre, ni que les accès et le logiciel nécessaires à son utilisation sont disponibles.

La CNIL recommande de vérifier l’intégrité des sauvegardes et leur restauration. La méthode ci-dessous transforme ce principe en petit exercice observable, adapté au travail réel de l’entreprise.

Commencer par un service essentiel

Choisissez un seul service, par exemple préparer les livraisons. Listez ses dépendances : commandes, adresses, stock, logiciel, comptes autorisés et documents imprimables. Demandez à la personne qui réalise la tâche de décrire le minimum indispensable, sans supposer que le dossier partagé contient tout.

Fixez ensuite deux objectifs distincts : combien d’heures de données accepteriez-vous de perdre, et combien de temps le service peut-il rester indisponible ? Une sauvegarde nocturne ne permet pas, à elle seule, de garantir la récupération des commandes saisies le matin suivant. Les objectifs doivent être cohérents avec les mécanismes effectivement testés.

Préparer un essai qui produit une preuve

Avec votre responsable informatique, restaurez un jeu de données dans un environnement isolé de la production. Utilisez des accès limités et gardez les protections habituelles. L’exercice doit vérifier une action métier complète : ouvrir un dossier, lire ses pièces et produire un document de contrôle sans l’envoyer à un client.

Notez l’heure de début, l’heure où les données deviennent accessibles et l’heure où la tâche métier fonctionne. Consignez la sauvegarde choisie, les vérifications réalisées et les obstacles. Il arrive que le téléchargement soit rapide mais que l’absence d’un compte, d’une clé de chiffrement ou d’une version du logiciel bloque la suite.

Exemple fictif : deux heures de restauration, six heures d’arrêt

Dans une PME fictive, la copie des commandes est récupérée en deux heures. L’équipe met ensuite quatre heures à retrouver le bon logiciel et rétablir les permissions. Le service reprend donc en six heures. Une promesse de reprise en deux heures serait infondée, même si la récupération technique des fichiers a respecté ce délai.

La dernière copie date de 23 heures ; la panne survient à 11 heures. Les douze heures intermédiaires constituent une fenêtre de perte potentielle, à préciser selon les saisies réellement effectuées et les autres journaux disponibles. L’action retenue consiste à documenter les accès et à tester une protection plus fréquente des commandes.

Le contrôle à organiser la semaine prochaine

La CNIL préconise notamment une copie isolée hors ligne et une copie sur un autre site. Demandez à votre prestataire comment ces protections fonctionnent concrètement dans votre contrat, puis organisez l’exercice avec lui.

  • Choisir un service critique et nommer une personne métier ainsi qu’un interlocuteur technique.
  • Écrire les objectifs de perte de données et de délai de reprise en termes compréhensibles.
  • Vérifier qu’un incident affectant le compte principal ne permet pas également d’effacer toutes les copies.
  • Réaliser une restauration isolée, chronométrer la tâche complète et conserver le compte rendu.
  • Corriger le principal obstacle observé et planifier un nouvel essai ciblé.

Prévoir aussi le fonctionnement pendant l’arrêt

Une procédure temporaire doit préciser qui décide, comment les nouvelles demandes sont enregistrées et comment elles seront réintégrées. La CNIL distingue cette continuité du redémarrage du système. Un essai réussi sur un dossier ne prouve pas la reprise de toute l’entreprise ni l’absence de rançongiciel : adaptez le scénario avec votre prestataire et faites évoluer le plan lorsque vos outils changent.