Quand un rapprochement donne un chiffre trop beau
Vous réunissez l’export des ventes et le fichier clients. Le résultat paraît propre, mais le chiffre d’affaires a augmenté alors qu’aucune vente n’a été ajoutée. Ce symptôme mérite un arrêt immédiat : une correspondance multiple peut avoir répété des factures. Une analyse n’est fiable que si le passage du fichier source au tableau final reste explicable.
Avant toute manipulation, formulez le résultat attendu : une ligne par facture, par client ou par ligne de commande ? Ces trois niveaux ne sont pas interchangeables. Écrivez cette unité d’observation en haut du document de travail.
Fixer les règles avant de supprimer quoi que ce soit
Conservez les exports originaux dans un dossier daté et travaillez sur une copie. Microsoft rappelle que la suppression des doublons retire définitivement les lignes choisies : signaler une répétition est donc préférable à l’effacer automatiquement. Deux lignes avec le même nom peuvent représenter deux clients ; deux lignes de facture identiques en montant peuvent être légitimes.
Choisissez un identifiant stable. Pour un fichier de factures, le numéro peut devoir être combiné avec l’entité émettrice ou l’exercice. Pour des lignes de commande, ajoutez le numéro de ligne. Documentez le cas où l’identifiant manque plutôt que de le remplacer silencieusement par le nom du client.
Normaliser, rapprocher, puis contrôler
Préparez une copie des colonnes de rapprochement : espaces parasites, formats de date, séparateur décimal et zéros initiaux. Un identifiant comme 00127 doit rester un texte si ses zéros ont un sens. Conservez aussi les valeurs d’origine pour pouvoir justifier une correction.
Dans Power Query, Microsoft décrit plusieurs jointures : une jointure gauche conserve les lignes du tableau principal, tandis qu’une jointure interne ne garde que les correspondances. Choisissez selon la question. Pour vérifier toutes les factures, gardez-les et isolez celles dont le client reste introuvable. Contrôlez ensuite le nombre de lignes et les totaux monétaires avant et après le rapprochement.
Exemple fictif : une seule répétition, 10 000 euros de trop
Un export fictif contient 100 factures totalisant 120 000 euros. La fiche du client C014 apparaît deux fois dans le référentiel ; ses huit factures représentent 10 000 euros. Une jointure suivie d’un dépliage répète ces huit lignes : le résultat atteint 108 lignes et 130 000 euros. Le problème vient du référentiel, pas d’une progression commerciale.
L’équipe vérifie les deux fiches, choisit l’enregistrement de référence et conserve la correspondance entre anciens et nouveaux identifiants. Après un nouveau rapprochement, les 100 factures et les 120 000 euros sont retrouvés. Les factures sans client correspondant restent dans une liste d’exceptions à traiter.
Un protocole réalisable la semaine prochaine
Commencez avec deux fichiers, une période et une question. La réussite tient à la répétabilité du rapprochement, pas au nombre de colonnes réunies.
- Noter pour chaque export sa date, son périmètre, son nombre de lignes et son total de contrôle.
- Définir l’identifiant et vérifier son unicité dans le référentiel attendu comme unique.
- Tester dix correspondances à la main, dont des noms proches et des valeurs manquantes.
- Conserver un journal des transformations et une liste d’exceptions avec un responsable.
- Réexécuter le traitement sur un second export pour vérifier qu’il tient sans corrections improvisées.
Ce qui exige encore du jugement
Une ressemblance de nom ne prouve pas une identité. Les rapprochements approximatifs doivent rester des propositions à valider, surtout pour des montants ou des personnes. Ne remplacez jamais une valeur manquante par zéro sans règle métier. Si les fichiers contiennent des informations personnelles inutiles à la question, retirez ces colonnes de la copie d’analyse et limitez les personnes qui peuvent la consulter.

